Hanashi

AMAIM Warrior at the Borderline — La guerre, encore et toujours

Depuis les années 70, les mechas sont un indis­pen­sable de l’a­ni­ma­tion japo­naise. Mon­dia­le­ment connues, des licences comme Macross, Evan­ge­lion ou Gun­dam impres­sionnent pour leurs robots à l’es­thé­tique léchée et leurs his­toires pas­sion­nantes ayant ber­cé plu­sieurs géné­ra­tions de fans. Mais depuis les années 2000, ces machines se font de plus en plus rares à l’é­cran, sans non plus dis­pa­raître des radars. Les his­toires se réin­ventent sans cesse, et de nou­velles tech­niques d’a­ni­ma­tion sont uti­li­sées pour ani­mer les mechas, notam­ment via le numé­rique et la 3D.

En automne 2021, AMAIM War­rior at the bor­der­line (ou Kyô­kai Sen­ki, en VO) arrive sur nos écrans. Prin­ci­pales ori­gi­na­li­tés : une nou­velle licence créée de toute pièce, et une véri­table série de guerre old school dotée de robots ani­més à la main, comme avant.

AMAIM War­rior at the bor­der­line est une créa­tion ori­gi­nale issue d’une col­la­bo­ra­tion entre le stu­dio d’a­ni­ma­tion Sun­rise Beyond, et le créa­teur de jouets et figu­rines, Ban­dai Spi­rits. Cette nou­velle licence cross-media a notam­ment pour but de vendre des maquettes en palettes, les nom­breux tweets publi­ci­taires avant même la dif­fu­sion du des­sin ani­mé le prouvent. Par ailleurs, les bou­tiques Ban­dai Hob­by Store de France les pro­posent déjà.
Pour les pro­mou­voir à la TV, l’é­quipe en charge de l’anime arti­cule son scé­na­rio autour de ces machines. Filiale de Ban­dai, Sun­rise Beyond est un stu­dio d’a­ni­ma­tion bâti sur les cendres de XEBEC (fer­mé en 2019). Le pro­jet est cha­peau­té par une des réfé­rences de XEBEC, Nobuyo­shi Haba­ra, der­rière l’ex­cel­lente série de robots Sôkyû no Faf­ner (mal­heu­reu­se­ment inédite chez nous).

L’his­toire suit Amô, un orphe­lin pas­sion­né de méca­nique. Il exerce en secret cette acti­vi­té, car il remet en état de marche un AMAIM, une véri­table machine de guerre. Dans un contexte géo­po­li­tique où le Japon est désar­mé et contrô­lé par dif­fé­rentes puis­sances étran­gères, cet acte peut lui valoir la peine de mort. À la suite de péri­pé­ties, Amô va se retrou­ver au centre du conflit qui oppose les résis­tants du Japon face aux dif­fé­rentes factions.

Pour appré­cier plei­ne­ment le spec­tacle, il vaut mieux s’ar­mer de patience. L’ex­po­si­tion du contexte géo­po­li­tique est diluée sur plu­sieurs épi­sodes, tout comme l’in­trigue prin­ci­pale. La nar­ra­tion se fait à tra­vers la vision can­dide d’A­mô, décou­vrant le quo­ti­dien des résis­tants, entre ges­tion des res­sources, accro­chage avec les enne­mis et réflexions sur leur ave­nir. Par exemple, beau­coup de spec­ta­teurs ont été déçu par le 8e épi­sode, car les pro­ta­go­nistes aident à tra­vailler la terre plu­tôt qu’en­tre­te­nir leurs armes. Au contraire, c’est à mes yeux une bonne chose que l’his­toire prenne le temps de se poser, cela per­met de mieux appré­hen­der les per­son­nages dans un contexte dif­fé­rent d’un état de stress permanent.

Ce par­ti pris se défend, mais pêche par des situa­tions bien trop conve­nues pour les habi­tués du genre. Le scé­na­riste Nobo­ru Kimu­ra (Gun­dam Build Divers, Skate-Leading☆Stars) peine à nous sur­prendre à cause de ficelles trop gros­sières. L’en­nui n’est jamais loin.

Les qua­li­tés sont plu­tôt à cher­cher du côté de sa longue pano­plie de mechas. Comme pré­ci­sé en intro­duc­tion de cet article, ces der­niers sont inté­gra­le­ment des­si­nés et ani­més à la main, comme dans les séries d’an­tan. Il faut le noter, car les ani­ma­teurs capables de ces prouesses sont de plus en plus rares dans le milieu. Pro­fi­tons de leur talent avant que ce savoir-faire ne dis­pa­raisse un jour. Un petit panel de leur tra­vail est dis­po­nible sur saku­ga­boo­ru.

Le mecha­ni­cal desi­gn est assu­ré par Ippei Gyô­bu, Kane­take Ebi­ka­wa et Ken­ji Terao­ka. Ils ont bos­sé pour des valeurs sûres comme Code Geass ou Gun­dam 00. Les com­bats sont de bonne fac­ture, celui qui m’a le plus impres­sion­né se trouve dans le der­nier épi­sode de la sai­son 1, un com­bat de nuit avec de très beaux effets visuels, jus­ti­fiant à lui seul le vision­nage de la série pour les fans du genre. Le dénoue­ment de cette bataille laisse entre­voir une sai­son 2 intense, s’ar­ti­cu­lant sur de nou­velles méca­niques, d’au­tant plus que l’his­toire est main­te­nant réel­le­ment lancée.

La série n’a pas été très bien reçue par le public dans son ensemble. La polé­mique engen­drée par le contexte géo­po­li­tique, qui laisse entre­voir une his­toire pro-natio­na­liste, a refroi­di du monde. La série a même été dépro­gram­mée en Chine car les chi­nois sont des anta­go­nistes ! Mais cela n’ex­plique pas tout. Les trop grosses ficelles scé­na­ris­tiques com­bi­nées à un rythme un peu lent pour l’é­poque ont per­du des gens en route. Les ama­teurs de robots comme moi par­don­ne­ront aisé­ment ces défauts pour se concen­trer sur l’es­sen­tiel, notre dose de bagarre quotidienne.

La sai­son 2 arrive à grandes enjam­bées. Si l’u­ni­vers de la guerre vous plaît, lais­sez votre chance à cette série.

Pour les curieux, quelques liens :
— Un extrait du pre­mier cha­pitre du man­ga (en japo­nais) : hjweb.jp/article/463147
— La sec­tion Kyô­kai Sen­ki de Ban­dai Hob­by : bandai-hobby.net/site/kyoukai-senki

Titre : AMAIM War­rior at the Borderline
Titre VO : 境界戦機 / kyô­kai senki
Direc­teur : Nobuyo­shi Habara
Stu­dio : Sun­rise Beyond
Genres : Mecha, guerre
Dis­tri­bu­teur : Wakanim
Nombre d’é­pi­sode : 13 (S1)
Pre­mière dif­fu­sion : 5 octobre 2021

Synop­sis

En l’an 2061, le Japon a per­du sa sou­ve­rai­ne­té. Désor­mais divi­sé et contrô­lé par les quatre prin­ci­pales zones éco­no­miques mon­diales, il n’est plus qu’un pays vas­sal et son peuple vit dans la souf­france. Le Japon est aus­si le théâtre d’affrontements entre AMAIM, des machines de guerre huma­noïdes déployées par les dif­fé­rentes zones éco­no­miques. Un jour, Amô Shii­ba, un gar­çon pas­sion­né de méca­nique, croise la route d’une IA auto­nome nom­mée « Gai ». Cette ren­contre va pous­ser Amô à se jeter à corps per­du dans la bataille pour la libé­ra­tion du Japon, à bord de l’AMAIM Ken­bu qu’il a lui-même construit.

Dareen

Président du Collectif Hanashi.

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