Hanashi

Lisez Switch me on, c’est bon pour la santé !

Atten­tion, gros coup de cœur !

En 2019, une de mes lec­tures favo­rites fut Entre Deux, un man­ga en 2 tomes d’une cer­taine Kuji­ra. À sa sor­tie, la man­ga­ka était incon­nue sur notre ter­ri­toire. Pour­tant, dans son pays, elle traîne pas loin de 20 ans de car­rière dans tout ce qui touche de près ou de loin au shô­jo. Des dires de son édi­teur fran­co­phone, Aka­ta, le suc­cès est au ren­dez-vous au point d’ar­ri­ver en final du tour­noi shô­jo de Man­ga News, tout en ayant des ventes suf­fi­santes pour frô­ler la réim­pres­sion du pre­mier volume. Rien ne peut donc frei­ner les ardeurs d’A­ka­ta nous fai­sant la joie de publier un autre man­gas de Kuji­ra récem­ment ter­mi­né au Japon : Switch me on.

Dans cette his­toire, on com­mence par la fin, du moins si on consi­dère comme réfé­ren­tiel les romances où la copu­la­tion cor­res­pond au cli­max du récit. Pour­tant, les rela­tions intimes ne sont qu’une des nom­breuses com­po­santes du couple, notam­ment dans notre socié­té où il n’est pas rare que les his­toires d’a­mour débutent d’a­bord par une ren­contre autour d’un plai­sir char­nel par­ta­gé, pour ensuite abou­tir à une rela­tion plus concrète et durable. C’est effec­ti­ve­ment le cas de Switch me on, où nous sui­vons le déve­lop­pe­ment d’un petit couple tout mignon, for­mé par la jolie Koyo­ri et l’a­do­rable Hiji­ri, après avoir pas­sé une nuit de sueur sous les draps.

Ne rou­gis­sez pas en visua­li­sant cette image, car presque tous les cha­pitres en comportent !

L’é­ro­tisme omni­pré­sent est une com­po­sante indis­pen­sable du récit, car il est à la base de leur rela­tion. C’est prin­ci­pa­le­ment par ce biais que Kuji­ra s’a­muse à nous dévoi­ler leurs sen­ti­ments l’un pour l’autre, ne se repo­sant pas uni­que­ment sur des décla­ra­tions mignonnes de col­lé­giens pour nous convaincre de leur pas­sion. C’est plu­tôt bien­ve­nu dans cette his­toire met­tant en scène des adultes ayant déjà eu plu­sieurs expériences.

Moi même étant un — plus trop jeune — cadre « dyna­mique » (mes che­veux se sont déjà fait la belle), il ne m’est pas si aisé de déni­cher des œuvres alliant matu­ri­té des émo­tions dans un cadre de vie évo­quant mon quo­ti­dien, et thé­ma­tiques cyniques. Ici, j’ai enfin l’im­pres­sion de suivre une his­toire qui me parle, des per­son­nages à la vie pas si dif­fé­rente de la mienne, du moins, il y a quelques années. Leurs petites péri­pé­ties me font chaud au cœur. J’ai par exemple ado­ré le cha­pitre se dérou­lant lors d’un petit week-end dans la pré­fec­ture de Gun­ma, me rap­pe­lant ma propre petite expé­di­tion dans la région de Hakone, à tra­vers des petites esca­pades dans la ville, un bon repas, et un bain récon­for­tant dans le onsen privatif.

Pour cette case, le jury a déci­dé de lui don­ner la note : cute/10.

Et que dire des des­sins ? Les années d’é­cri­ture de Kuji­ra l’ont ame­né à par­faire un trait extrê­me­ment doux, ren­dant les scènes éro­tiques dans ce qu’elles doivent être : de la ten­dresse, sous le prisme du couple et du par­tage. C’est sain, à l’i­mage de leur rela­tion sans jalou­sie ni res­sen­ti­ment. Fina­le­ment, ce n’est pas si cou­rant dans nos publi­ca­tions fran­çaises. Et parce que la man­ga­ka est talen­tueuse, elle se démène même pour nous offrir des cadrages ori­gi­naux à chaque nou­velle scène, pour qu’on ait l’im­pres­sion de par­ta­ger leur plai­sir. (De là à écrire qu’on s’i­ma­gi­ne­rait dans leurs ébats, il n’y a qu’un pas.)

Les deux par­te­naires sont par ailleurs extrê­me­ment atta­chants. Je ne vais pas m’é­tendre sur Koyo­ri, la jeune femme, en revanche, j’a­dore Hiji­ri ! Déjà parce qu’il pos­sède une coupe au bol, mais aus­si car c’est quel­qu’un d’extrêmement gen­til et doux qui prend grand soin de sa copine aus­si bien dans le quo­ti­dien que sous la couette. Com­ment est-il pos­sible en ce bas monde que cer­tains lec­teurs admirent les bad boys téné­breux dans les shô­jo, alors que des jeunes hommes ado­rables comme lui sont de bien meilleurs par­tis ? Un jour, j’é­cri­rai un article sur le sujet.

Vos bad boys à la pou­belle, les gen­tils au pouvoir !

Switch me on est d’a­bord publié sur un site inter­net avant d’être dis­po­nible en librai­rie (aus­si bien au Japon qu’en France). Étant col­lec­tion­neur de bou­quins papiers, c’est ce titre qui m’a fait fran­chir le pas. Mon amour pour Kuji­ra, com­bi­né à l’i­dée de décou­vrir le man­ga dans des condi­tions simi­laires à celles des Japo­nais, a eu rai­son des mes prin­cipes. Chaque cha­pitre pos­sède sa propre cou­ver­ture tout en cou­leur. Elles ne sont mal­heu­reu­se­ment pas pré­sentes dans le volume relié… japo­nais. Pour nous, fran­co­phones chan­ceux, Aka­ta a eu l’ex­cel­lente ini­tia­tive de les ajou­ter dans la ver­sion fran­çaise ! Dom­mage en revanche que le bou­quin soit impri­mé dans un for­mat plus petit que celui d’Entre Deux, ça ne fait pas très joli dans la biblio­thèque (Monk mode acti­va­ted).
Ce man­ga est pré­pu­blié depuis le troi­sième volume du maga­zine web Comic Tint de Kodan­sha, le 1er juin 2018. Sur ce même site, on peut d’ailleurs retrou­ver Back to you de Sen­mit­su, mis à dis­po­si­tion en numé­rique et dans les librai­ries par Aka­ta, que je vous recom­mande éga­le­ment pour la qua­li­té de son écriture.

J’es­père sin­cè­re­ment que cet article vous aura don­né envie de décou­vrir ce man­ga. C’est mon ren­dez-vous pas­sion­né de ces der­niers temps, mais mal­heu­reu­se­ment, je n’ai pas grand monde avec qui par­ta­ger mon enthou­siasme (vous savez, ce doki doki dans votre cœur à chaque lec­ture mignonne !). En atten­dant, vous pou­vez décou­vrir Kuji­ra via son compte twit­ter, elle y poste de jolies images. Et si un heu­reux édi­teur pose les yeux sur ces lignes, j’ai­me­rais bien décou­vrir quelques unes de ses autres œuvres, comme Atata­ka na ari, Yasa­shii ari, ou Kin­mo­ku­sei ni sayô­na­ra. Je vous en serais infi­ni­ment reconnaissant.

Titre : Switch me on
Titre VO : ホンノウスイッチ
Auteur : Kujira
Genres : Romance, tranche de vie
Édi­teur : Aka­ta (France)
Nombre de volumes : 8 (ter­mi­né)
Pre­mière publi­ca­tion : 1er juin 2018 au 1er octobre 2021 (ter­mi­né)

Synop­sis :
Koyo­ri est de nou­veau céli­ba­taire ! Lar­guée par son copain qui la trom­pait avec une autre, elle cherche à noyer son désar­roi dans l’al­cool. Le len­de­main, au réveil, elle réa­lise qu’elle a cou­ché avec Hiji­ri, son ami d’en­fance. C’est avec ce timing impro­bable que ce der­nier, pro­fi­tant de l’oc­ca­sion, lui avoue qu’il l’aime depuis long­temps. Et s’il était temps, pour eux, de se mettre en couple ?

Dareen

Président du Collectif Hanashi.

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